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L'actualité du football a montré toute
l'utilité des défibrillateurs, appareils
capables de délivrer des chocs électriques
en cas d'arrêt cardio-respiratoire. Membre du
Conseil Fédéral de la FFF, le docteur
Jean-Claude Petitot explique les premiers secours à
apporter et les principes de la défibrillation
semi-automatisée externe.
"Drame redouté de tous, l'arrêt cardio-respiratoire
survient sur le terrain ou dans l'heure qui suit le
match explique le Docteur Petitot. Le mode de survenue
alerte d'emblée : en dehors de tout contact violent
le patient s'écroule. On constate l'absence de
tout mouvement respiratoire et du pouls (c'est au niveau
des carotides sous l'angle de la mâchoire qu'il
est le plus facile à palper).
Débute alors une lutte contre la montre pour
démarrer la chaîne de survie : APPELER
- MASSER - DEFIBRILLER. Toute minute perdue entraîne
10% de chances de survie en moins.
Depuis le décret de juin 2007, tout individu
a le droit de se servir d'un défibrillateur entièrement
automatique ou semi-automatique (DSA).
Après avoir placé les électrodes,
il faut suivre les instructions dictées par le
défibrillateur. Il n'y a pas de risque de délivrer
un choc inapproprié. En effet l'appareil juge
automatiquement de la nécessité du choc
et de sa délivrance. Quand il refuse de choquer,
il y a deux raisons :
* Soit le cur n'a plus aucune activité
électrique
* Soit le rythme cardiaque est normal
Il faut alors reprendre le massage cardiaque. Les causes
de l'arrêt cardio-respiratoire :
* 20% sont des causes extracardiaques
* 80% sont d'origine cardiaques
Dans les causes cardiaques, il y a une différence
selon l'âge :
* Avant 30 ans : ce sont le plus souvent des troubles
du rythme rapide
- en rapport avec des anomalies congénitales
complètement asymptomatiques jusqu'au jour de
l'accident (Wolf Parkinson White, Brugada, DVDA, hypertrophie
cardiaque obstructive ou non)
- ou en rapport avec une affection aigue peu symptomatique
(myocardite).
* Après 30 ans : le plus souvent l'origine est
coronarienne
infarctus ou angine de poitrine méconnus.
Le mécanisme de l'arrêt cardio-respiratoire
est simple : du fait de la haute fréquence de
contraction les cavités cardiaques n'ont plus
le temps de se remplir et donc le flux circulatoire
s'arrête. Le cerveau est l'organe le plus sensible.
La chute est due à l'arrêt de l'oxygénation
cérébrale.
Les effets du massage sont les suivants : dans les
5 premières minutes suivant l'arrêt le
sang est encore suffisamment oxygéné pour
qu'une reprise de la circulation redonne vigueur à
l'organisme.
Pour cela il faut respecter la chronologie suivante
:
* 30 massages à la fréquences de 100/mn
* 2 insufflations
* 30 massages
Le massage cardiaque chez l'adulte doit entraîner
une dépression de 5 centimètres du sternum.
Il convient d'être moins agressif chez l'enfant
et, à l'extrême, on masse le cur
d'un bébé avec 1 pouce.
La rapidité de mise en uvre du massage
est primordiale :
Si l'on a jusqu'à 5 minutes chez l'adolescent
ou l'adulte jeune, ce n'est plus que 3 minutes chez
le sexagénaire avant qu'il n'y ait des dégâts
irréversibles."
Le docteur Jacques Liénard, médecin fédéral
national, rappelle qu'avant l'horizon des années
70 les chocs électriques externes permettaient
de traiter les troubles du rythme cardiaque. Mais les
progrès ont depuis été considérables
sur le plan de la miniaturisation et de l'automatisation.
Le défibrillateur constitue désormais
un des outils de la chaîne d'intervention lors
d'un accident brutal. Massage cardiaque et ventilation
restent essentiels pour préserver l'oxygénation
cérébrale.
Pour le professeur Rochcongar, qui a été
l'un des acteurs de la mise en place des défibrillateurs
dans le monde du football professionnel, un élément
essentiel pour limiter les accidents cardio-respiratoires
est le dépistage : "On ne pourra mettre
des DSA partout et certains accidents cardiaques ne
relèvent pas de l'utilisation de ce type d'appareil.
La recherche de signes cliniques, pouvant faire évoquer
un risque cardiaque (quasiment toujours présents),
est essentielle. D'où l'importance de l'examen
clinique par le médecin et de réponses
complètes à l'interrogatoire par le sportif."
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